sam.
01
sept.
2012
Ras la Team !
Avant toute chose c’est quoi une Team ? Bel anglicisme qui désigne, en politique, une équipe, une bande, pourquoi pas une écurie. Mais voilà, dans ces écuries, autour d’un pur-sang, d’un champion, on a trop souvent… des bourrins !
La campagne pour la Présidence de l’UMP a vu fleurir les Teams. Les vraies avec logo et nom du « soutenu », les officieuses gérées par des « personnages » qui ont mis leur notoriété personnelle au service de l’un pour dénigrer l’autre, les personnelles avec tel ou tel qui affiche un soutien sans faille et une animosité certaine pour l’autre candidat, les vraies-fausse avec des fakes faisant dire au soutien de l’autre toutes les saloperies possibles sur son candidat pour après jouer les victimes et la grande scène du III.
Car le problème est là, c’est le manichéisme. A l’image d’une Présidentielle, on a les favoris. Ils sont 2. Les autres ne sont au mieux que des figurants ou des réservoirs potentiels de voix, alors eux, on les ménage, on les choie, limite on les protège. Mais entre les Teams des 2 favoris, point de salut. Point de respect. Point de recul. C’est du brutal, de l’insulte, de l’invective, de la déconstruction, du napalm dès le petit déj’. Ca défouraille sec, ça dynamite, ça explose et ça ventile comme dirait Audiard.
Au risque au final… de lasser. Car les Teams ne s’embarrassent pas de manière et celui qui sort de l’orthodoxie est soit vilipendé, soit… instrumentalisé. Vilipendé, un certain Monsieur L…. l’a été, il avait le malheur de ne pas accepter d’être « enrôlé » de force, selon ses dires, dans une Team. Il a été traité de tous les noms, Judas, traitre, et il n’est pas passé loin de collabo ou de bolchevik ! Du jour au lendemain le paria s’est vu blacklisté et, symboliquement, il a retiré son badge.
Ah oui, j’oubliais, le badge. Signe de ralliement, de reconnaissance, d’appartenance que portent volontairement, les Teamards.
Car les Teams ne sont pas composées d’une seule catégorie de gens, je me rends compte que mon article laisse à le croire, non, il n’en est rien.
Une Team, c’est un micro parti mais en pire. Il y a le Chef qu’on soutien, qui lui, ne connait quasiment personne de la Team. Il est le totem. Puis il y a les leaders, bien souvent autoproclamés, semble-t-il de l’extérieur, mais en fait nommés par l’éminence grise qui, elle, dirige la Team. Ceux-ci croient que l’éminence grise qui les a « castés » (voir formés) aura un poste dans le nouvel organigramme du parti et que, lorsqu’il s’installera avec des cartons, ils seront dedans (les cartons et le parti, ça marche pour les deux). Puis, il y a le tout venant, l’équivalent des militants. Leur mission, décupler la bonne parole et, comme de la bonne chair à canon, aller se faire sauter sur les mines du camp adverse. Ils ne perdront pas de sang, ils gagneront ou perdront des followers et un peu de crédibilité. Et puis, il ya les portes-flingue du candidat qui, eux, produiront du contenu. Attaque, invective, arguments parfois, le tout dans le plus parfait mépris de l’unité du mouvement.
Et enfin, il ya ceux qui se battent contre les Teams, et j’en fais partie. J’ai commencé tôt, fort de mon expérience du principe mortifère des écuries. J’ai donc renvoyé dos à dos les Teams en leur signifiant leur inanité. Mais nous sommes rares à nous battre, mêmes si nous sommes une majorité à considérer que les principes même de la Team et leurs pratiques sont ridicules et contre-productifs. Il m’est arrivé, souvent, de recevoir des DM de leaders de Teams parce que je ‘n’avais pas été assez prompt à dénoncer une imbecillité de « l’autre Team » oubliant, volontairement que je n’avais pas réagit aux dernières conneries de sa propre Team. J’ai même reçu, oh joie, des explications en me disant « Oui, mais c normal que XXXX dise du mal de tel candidat parce qu’elle a un compte à régler avec YYYY » ! YYYY étant un membre influent de la Team d’en face. J’appris donc, de façon officiellement officieuse, que les Teamards réglaient leurs comptes personnels sur le dos des candidats et donc, sur le dos des adhérents de l’UMP !
Cette lutte est à temps plein. Les Teams ont une capacité à foutre la merde à l’UMP 24h/24.
Et comme je suis gentil, à aucun moment dans cet article je n’ai prononcé un seul nom. Je n’ai pas plus tapé sur une Team que sur l’autre, je n’ai défendu l’un contre l’autre car, au cas où vous
ne le sauriez pas, ce matin encore, un Teamard influent m’a dit que mon « non-soutien » à sa team était une preuve flagrante… que je soutenais « l’autre candidat » !
Mais qu’est-ce qu’ils peuvent être cons, en fait !
SNIPER DE DROITE

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Commentaires: 4
antoine (samedi, 01 septembre 2012 11:21)
Ce tweet a été posté par une personne qui n’arbore ni team ni badge:[@jf_cope @nk_m @Bruno_LeMaire ont annoncé que si #Sarkozy revenait ils seraient à ses côtés.Tous,sauf Fillon qui est en rupture avec NS],un message très sain pour l'ensemble des adhérents ou sympathisants de la famille de l'UMP,message retweeter par certains avec leur véhémence habituelle ... envers la gauche!!! Indignation à géométrie variable ?
sniperdedroite (samedi, 01 septembre 2012 11:53)
On est dans la catégorie de Team que je citais "les personnelles avec tel ou tel qui affiche un soutien sans faille et une animosité certaine pour l’autre candidat". Merci d'abonder dans le sens de cet article, Antoine.
Fred (vendredi, 07 septembre 2012 09:30)
Depuis et tant que la politique demeura un métier, voire une quasi émanation de la fonction publique (ENA), il sera impossible d'en voir émerger des personnalités de qualité, c'est à dire avec de la profondeur d'esprit et des convictions désintéressées, et non pas des pitres tout juste bons à jouer Guignol. Je trouve votre article intéressant.
corto (dimanche, 09 septembre 2012 16:05)
Tout ce que tu racontes est plus ou moins vrai. cependant, cette guéguerre entre les 2 favoris n'est-elle pas aussi normale que monté en épingle par les medias.
Il y a un poste et 2 favoris, rien de plus logique qu ils s'étripent un peu.